Ailleurs, l'herbe est plus verte!
Beigbeder nous l'avait révélé: ailleurs, l'herbe est plus verte! C'est pour cette raison que dans une vie antérieure, il tournait ses pubs pour produits laitiers en Floride plutôt qu'en Normandie... même si on finissait par y repeindre les pelouses pour retrouver les couleurs idéales...
En matière d'humeur économique, c'est la même chose. Depuis des années on déplore la mauvaise place de la France dans les classements économiques mondiaux de compétitivité ou d'innovation. Certes tout n'est pas rose chez nous, mais on oublie souvent la propension de nos concitoyens à noircir le tableau et à pratiquer la critique systématique, bref à "cracher dans la soupe" sans même trop s'en rendre compte... Et mine de rien, ça biaise les résultats de nos enquêtes face à des scandinaves par exemple qui affichent une confiance résolue et un optimisme serein. L'auto-évaluation ne se pratique pas partout de la même manière. Les écarts significatifs d'un pays à l'autre sur les taux de satisfaction sur la vie et les taux de confiance en l'avenir et en autrui, mesurés régulièrement par les eurobaromètres et autres études mondiales sur les valeurs type WVS -Ann Arbor University- le mettent en évidence. On le savait déjà: nous sommes les plus râleurs, les plus défiants et les plus pessimistes de tout le monde occidental!
Un verre à moitié plein chez-nous est presque vide, et quand on est pas le premier, on est un moins qui rien. Pour Pascal Baudry, qui se plaît à comparer les cultures française et américaine, ces comportements relèvent de la psychanalyse.
Mais ce n'est pas que sur les classement mondiaux que l'effet de cette morosité se fait sentir. Le niveau subjectif de bien-être, de satisfaction et de confiance envers les autres a un impact direct sur le fonctionnement de la démocratie, l'esprit de coopération, sur l'économie, et par entraînement sur le bien-être lui-même. Ainsi s'enclenchent des cercles vertueux.
Appliqué au référendum, le oui serait du côté du verre à moitié plein, de la confiance dans l'avenir et dans l'homme, et le non plutôt du côté du verre vide, de la méfiance et des craintes. Oui, je sais, l'analyse est un peu simpliste, mais intuitivement...
Comment redonner aux Français confiance en eux-mêmes et en l'avenir? That is the question... Les résultats de référendum nous donneront peut-être une indication de la direction vers laquelle nous allons. On croise les doigts!

Votre billet est juste ...
Est-ce que les Francais sont un "peuple dépressif"? Est-ce structurel ou s'agit-il d'un mauvais moment dans l'histoire de ce pays?
La passion avec laquelle ils s'interrogent et dissertent sur leurs insuffisances démontre peut-être qu'au fond, ils ont une haute image d'eux-mêmes, mais que cette image ne correspond plus du tout à la réalité des choses.
Comment se remettre en mouvement, comment ouvrir les fenêtres pour faire passer un vent de créativité dans une société morose? En multipliant les espaces de dialogue et de liberté. Les blogs y participent, me semble-t-il.
Cordialement
Posted by: Marc Traverson | May 12, 2005 at 08:49 PM
La crispation et l'immobilisme de notre beau pays ne datent pas d'hier! Et la littérature sur la question foisonne. J'ai lu il y peu le "Mal Français" d'Alain Peyrefitte, pavé publié il y a près de 30 ans, et encore si vrai! Evidemment, ado à l'époque, je n'en pensais rien qui vaille... Ça me donne envie de lire "Quand la Chine s'éveillera" du même auteur. Avec un titre pareil, il devait être assez visionnaire le garçon sous ses dehors de premier de la classe!
Posted by: Hélène | May 13, 2005 at 02:17 PM
Pendant toute l'ère ndustrielle, la seule mesure du "bien-etre" qui était reconnue par notre société c'etait la réussite professionnelle/sociale.
Hors cette reussite
-n'est pas pour tout le monde (il faudra toujours des citoyens pour s'occuper des dechets)
-n'est que fictive/momentannée
A mon humle avis, le mal-etre du Francais vient du fait qu'il réalise, cette mesure et cet objectif n'est pas source ni mesure du bien-etre ... elle vien du fait que quoi qu'il fasse il en voudra toujours plus..
Il est interressant de noter : toutes les religions nous l'ont toujours dis:
christianisme=> gloutonnerie = péché
bouddhisme=> le matériel n'est rien .
etc..
...
autement dit, les valeurs matérielle de l'humanité sont en train de s'écrouler.
Nous n'avons pas l'honnetteté d'admetre que finalement les religions n'etaient pas dans le faux lorsqu'elle prechaient de "nous aimer les uns les autres"
Et comme nous ne savons pas par quoi les remplacer la valeur "argent" nous avons peur, nous avons tendance à nous replier sur nous-memes...
++++
Oui dans la majeure partie le francais est dépressif: il ne gagne jamais assez d'argent, sa voiture n'est jamais assez grosse, il met toujours trop de temps pour aller au travail...
à qui la faute?
pourquoi?
C'est le francais qui en veut toujours plus, c'est le francais qui veut ci ou qui veut ca...
Si le francais arrivait à controler ses désirs, s'il pouvait se rendre compte qu'en fait se sont ses désirs qui mine sa qualité de vie, alors il se sentirait beaucoup mieux.
seulement c'est beaucoup plus facile de blamer le voisin (soit-il européen ou chinois) que de se regarder dans la glace et d'admettre ses propres faiblesse.
Le francais est un depressif parce qu'il n'a pas le courage de se ressaisir, il a oublié comment regarder et bonnifier la moitié pleine de la bouteille, il veut toujours la remplir.
il est temps, a mon huble avis, que le Francais comprenne que la bouteille sera /toujours/ a moitié vide...
c'est la motié pleine qui compte...
à mon huble avis..
**un vieux sage a dit: "celui qui arrivera à controler ses désir découvrira la réalité comme étant bien différente de ce qu'il pensait"
Posted by: AJR | May 13, 2005 at 09:48 PM
Pour continuer sur le commentaire de Marc: Est-ce structurel ou conjoncturel, est-ce attavique etc, la question a fleuri ici et là. Un Alibabablog nous rappelle une citation qui ne date pas d'hier: « Il est dans le caractère français d'exagérer, de se plaindre et de tout défigurer dès qu'on est mécontent » — Napoléon Bonaparte.
Où et comment démarrer une grande campagne nationale de reprise de confiance et de mise en mouvement?
Posted by: Hélène | May 20, 2005 at 12:09 PM
Pour poursuivre avec AJ:
On ne maîtrise pas ses désirs, on veut toujours plus... et pourtant on rejette le "matériel", l'idée de production...
Où et comment démarrer une grande campagne pour voir les choses en face et se satisfaire de ce qu'on est et de ce qu'on a?
Posted by: Hélène | May 20, 2005 at 12:16 PM