La démocratie
consiste-t-elle vraiment à élire des représentants pour ensuite
les attendre au tournant, et les « dégommer » par tous les moyens
lorsque le « changement » -que nous allons de toute façon rejeter- n’arrive
pas assez vite, et ensuite recommencer avec les suivants ? Est-ce uniquement crier son ras-le-bol et son mécontentement en
espérant que ça ira mieux ? L’objectif
principal de nos gouvernants n’est certainement pas de berner leurs électeurs. Ils
ont du mal à comprendre les « vraies » aspirations du peuple, certes. Mais
dans quelle mesure ces aspirations quotidiennes parviennent-elle à s’exprimer autrement
que par revendication, dans la rue ou par sanction à l’occasion de scrutins ?…
Ces aspirations sont-elles intelligibles, sont-elles homogènes? Dans une
société aussi polarisée que la nôtre, peut-on imaginer un dialogue libre de
toute idéologie partisane où chacun exprime ses vues en intégrant la complexité
des problèmes pour aboutir à une action concrète et des résultats? Nos hommes
politiques auront-ils le courage d’expliquer qu’ils n’ont pas de baguette
magique, que le budget de l’état ne pousse pas aux arbres, et que pour résoudre nos problèmes, résorber le chômage et préserver nos acquis sociaux, il vaut mieux ramer dans le même sens? Et les électeurs
que nous sommes auront-ils le courage de l’admettre?… Il est fait mention
quelque part dans la blogosphère de la multiplication des groupes politiques locaux à
Paris, groupes qui permettent de « libérer la parole » donc les rancœurs,
et de mieux se comprendre et faire avancer les choses ensuite. N’est-il pas
temps de passer à une démocratie participative où chacun pourrait exprimer ses
aspirations, écouter les autres et à son niveau, apporter sa pierre et exercer
une influence. Les institutions politiques locales et le secteur associatif de
proximité sont à même de jouer un rôle primordial dans ce dispositif. Alexandre
Jardin avait en son temps démarré un projet d’observatoire des pratiques sociales,
mort-né du fait des blocages politiques. Qu’attendons-nous pour relancer ce
type d’initiatives et mettre de côté les clivages d’un autre siècle? On ne
peut pas tout attendre des politiques, il faut aussi s’engager dans l’action-solution.

Le modèle social français à bout de soufle. Voir article du Monde:
Posted by: Hélène | June 03, 2005 at 11:01 PM